Introduction
Afin d’avoir une vision globale sur l’introduction à
l’étude du droit foncier marocain et y être initié de la meilleur façon, il
convient de le situer dans son contexte historique, de découvrir son origine et
ses sources ainsi que ses contours et caractéristiques.
I-
Contours et caractéristiques du droit foncier marocain
A- Contours du droit foncier marocain
1-
Notion de droit foncier
Clarifier
la notion de droit foncier revient, d’abord, à donner une signification précise
de celui-ci connu, également, sous le nom de régime foncier et d’en faire,
ensuite, la distinction avec tout ce qui s’en rapproche.
a)
Définition du droit foncier
Le régime
foncier peut être défini, de
manière générale, comme étant le rapport qui existe entre des
individus ou des groupes relativement aux terres. C’est une institution,
c’est-à-dire un ensemble de règles élaborées par une société pour régir le
comportement de ses membres. Ces règles définissent la répartition des droits
de propriété sur les terres, les
modalités d’attribution des droits d’utilisation, de contrôle et de transfert
des terres, les modalités et les limitations correspondantes. Plus simplement, le régime foncier détermine qui
peut utiliser quelles ressources pendant combien de temps et dans quelles
conditions.
Le terme foncier, quant à lui, est issu de l'ancien mot
français fonds.
Il désigne ce qui est relatif
à un fonds de terre, à son exploitation et
à son imposition. D'où les notions de : propriétaire foncier, propriété foncière et taxe foncière.
b)
Droit foncier et notions voisines
La
nécessité de distinguer le droit foncier de certaines notions appelées
voisines, suppose l’existence d’interférences entre ces dernières qui parfois
peuvent être source d’ambiguïté et de mélange. Lesdites notions se rapportent essentiellement
au droit immobilier et au droit des biens.
Droit foncier et droit immobilier
Le droit
immobilier est le terme générique qui regroupe l’ensemble des textes juridiques
du droit public comme du droit privé concernant les immeubles, par opposition
aux meubles.
Il s’agit
d’une partie du droit des biens, et concerne aussi bien des immeubles privées
que le droit du patrimoine des personnes publiques. Son champ est donc très
large puisqu’il concerne le droit de la construction, le droit de
l’urbanisme, le droit des hypothèques, le droit des servitudes légales et
conventionnelles, le droit de la copropriété, le droit applicable à certaines
professions spécialisées comme les agents immobiliers, les notaires, les
architectes, etc.
Ce
qu’il faut retenir, essentiellement, c’est que le point de distorsion majeur
entre les deux notions se rapporte à ce qui est bâti et s’élève ou non sur terre. En effet, on ne
peut parler de droit immobilier que dans ce cas bien précis. Ce qui n’est pas
le cas pour le droit foncier, qui lui ne retient pas le même critère. Qu’il y
ai construction ou non, l’immatriculation foncière peut être déclenchée à
n’importe quel moment.
Droit foncier et droit des biens
Le
droit des biens, coiffe non seulement l’ensemble des règles juridiques
régissant les biens immeubles, qu’ils soient bâtis ou non mais, également,
celles régissant les biens meubles dans leurs différentes classifications. Et
c’est là le point de divergence principal caractérisant la différence entre les
deux notions en cour d’étude. Le rapprochement quant à lui est flagrant
lorsqu’il s’agit de la notion de propriété et de possession, ou encore le bien
dans sa dimension corporelle ou in corporelle comme on le verra plus loin, dans
les développements qui suivront.
2-
Les principaux intervenants dans la mise en
œuvre du droit foncier marocain
a)
L’Agence nationale de la conservation foncière
du cadastre et de la cartographie (ANCFCC)
a)
Les conservateurs de la propriété foncière
Ala
tête de chaque conservation foncière, il y a un conservateur de la propriété
foncière nommé par le directeur général sur proposition du conservateur général
. Actuellement, et parallèlement au nombre des conservations foncières, il y a
75 conservateurs.
Les
attributions de chaque conservateur sont fixées par l’article 4 de
l’arrêté viziriel du 4 juin 1915 dont on retient principalement :
donne suite aux requêtes
d’immatriculation et procéder, s’il y a lieu, à l’immatriculation des immeubles
sur les livres fonciers ;
porter les mentions sur les livres
fonciers concernant les droits réels et les charges foncières constitués sur
les immeubles après leurs immatriculation ;
conserver les livres fonciers et mappes
foncières cadastrales, ainsi que les actes, plan et documents relatifs aux
immeubles immatriculés ;
percevoir les droits et taxes exigibles
pour les divers formalités ;
tenir un registre de dépôt où sont
constatées par ordre les réquisitions des formalités et les remises de pièces,
un registre des oppositions, etc.
b)
Le conservateur général
Le conservateur général de la propriété
foncière, siégeant à Rabat, a comme rôle principal d’assurer l'unité de
doctrine administrative dans l'application des textes relatifs au régime
foncier de l'immatriculation. Il s’agit, actuellement du Conservateur Général
Ahmed Chhiti, qui était ancien directeur de la direction de la conservation
foncière (DCF), suite à sa nomination par Dahir.
Ses
attributions sont fixées par le Dahir du 29 décembre 1953.
Il contrôle l'exercice des fonctions
dont les conservateurs sont chargés par l'article 4 de l'arrêté viziriel
organique du 4 juin 1915 (21 rejeb 1333) ;
Il donne aux conservateurs, qui doivent
lui soumettre toutes les questions et affaires importantes nécessitant une
décision de principe, toutes instructions générales ou particuliers propres à
assurer cette unité ;
Il peut évoquer, aux fins de décision,
toutes affaires d'immatriculation on d'opérations subséquentes, soit d'office,
soit à la requête des intéressés.Ses
décisions peuvent, dans tous les cas, faire l'objet du recours judiciaire prévu
par l'article 96 de la loi 14-07, modifiant et complétant le Dahir susvisé du 12 août 1913 sur l'immatriculation des immeubles.
En outre, le conservateur général dresse des circulaires aux conservateurs depuis 1917 jusqu’à nos jours, circulaires qui sont considérées comme étant l’une des principales sources du droit foncier, comme on le verra plus loin. Leur lecture, comme le souligne le Professeur « Paul Decroux » dans son livre intitulé « Droit foncier marocain », révèle les nombreuses difficultés auxquelles ont dû faire face les conservateurs ainsi que les directives du Conservateur Général pour pallier à celles-ci
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